Le chant des cerises

Expériences et conception en permaculture

La résistance aux maladies et ravageurs des variétés fruitières

Les maladies et ravageurs des fruitiers sont un des principaux problèmes de gestion une fois les arbres plantés. Ils est souvent nécessaire d’observer aux époques critiques, de savoir reconnaître les symptômes, de savoir quand et comment traiter, d’être disponible et ponctuel. Dans une gestion « biologique » et plus encore en permaculture, traiter le problème lors de la conception est vital et permet d’éviter bien des pertes de récoltes ou d’arbres.

Une des possibilités est de planter des espèces fruitières naturellement résistantes aux maladies et ravageurs grâce à leur meilleure rusticité, à l’absence de prédateurs historiques pour les fruitiers importés et marginalement cultivés chez nous, et à une plus grande robustesse pour les fruitiers qui n’ont pas subis une grande sélection au fil du temps.

Parmi ce type de fruitiers, on peut citer les mûriers, plaqueminiers, feijoas, jujubiers, chalefs et figuiers.

Mais comment faire lorsque l’on veut planter des espèces plus classiques, avec un long passé d’améliorations et de culture dans nos contrées ?

La résistance naturelle des variétés aux différentes maladies

Pour la culture des fruitiers plus classiques, la principale solution passe par la sélection de variétés naturellement résistantes aux maladies. Pour cela, il faut avoir accès à ce type d’information, et là les choses se gâtent. Il existe peu de ressources facilement accessibles ou au prix non prohibitif qui rassemblent ces résistances. Les deux ressources auxquelles je me réfère constamment sont le livre Cornucopia 2 de Stephen Facciola et les documents publiés par l’Agroforestry trust, et plus particulièrement l’ouvrage  Fruit Varieties resistant to Pests and Diseases qui rassemble les données qui nous intéressent ici (voir les photos ci-dessous).

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La conception en permaculture passe aussi par l’étude de livres sur les arbres fruitiers.

Le problème est que, sauf exceptions notables, les variétés sont résistantes à certaines maladies mais pas à d’autres, et il faut souvent choisir les maladies que l’on souhaite éviter en priorité. Cette étude est complexe, car il faut prendre en compte la gravité de la maladie, sa probabilité d’apparition, les méthodes de propagation, les facteurs de risque, de lutte prophylactique et réactive. Je ne l’ai faite qu’en partie pour l’instant, en prenant en compte la gravité de la maladie et les facteurs de risque et aggravant.

Voici un exemple de classification des maladies et ravageurs des pommiers, avec pour les trois emplacement des forêts comestibles l’importance de la résistance à la maladie considérée des variétés de pommiers, à savoir utile (★), important (★★), et très important (★★★).

 Maladies Zone 1 Terrain pentu Terrain annexe
 Caractéristiques Brouillards matinaux, sol fertile, riche en azote et en MO, humide à saturé d’eau, densité d’arbres élevée
Sol séchant, pauvre en azote et en MO, soleil matinal, densité d’arbres faible Brouillards matinaux, sol fertile, riche en MO, frais à humide, densité d’arbres élevée
Tavelure ★★★ ★★ ★★★
Oïdium ★★★
Feu bactérien ★★ ★★
Chancre ★★★ ★★ ★★★
Moniliose ★★ ★★

Une fois les variétés sélectionnées en suivant les facteurs de résistance, il faut encore à sélectionner les variétés intéressantes pour étaler la production, avec des goûts intéressants, qui se conservent bien, avec des qualités horticoles notables, prendre en compte la pollinisation et la vigueur … et surtout à trouver les variétés sou forme d’arbres ou de greffons ! Heureusement de bonnes sources de greffons existent en Angleterre ou aux États-Unis.

La recherche de matériel de propagation aurait été plus facile avec des variétés anciennes et locales, mais peu d’informations sont disponibles sur leur résistance aux maladies, et le côté terroir n’est pas un gage de résistance dans ce domaine.

Annonce: je cherche pour l'automne prochain des graines de variétés connues de feijoa, d'amélanchier, de goumi (elaeagnus multiflora), de chalef (e. umbellata), et de ragouminier (prunus tomentosa). Si vous avez la chance d'avoir de tels fruits dans votre jardin, vous pouvez aider notre projet, en prenant contact avec moi, merci !

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4 commentaires to La résistance aux maladies et ravageurs des variétés fruitières

  1. le 27 février 2013 à 7 h 13 min | Permalink

    « Heureusement de bonnes sources de greffons existent en Angleterre ou aux États-Unis ». Heureusement pour les gens qui n’habitent pas aux Etats-Unis et en Angleterre, on peut trouver des greffons dans nos  régions françaises!
    Je ne suis pas certain que se fournir en greffons d’outre Atlantique ou d’outre Manche soit un gage d’adaptabilité à un terroir bien franchouillard. Avant d’aller chercher à pétaouchnok, regardons local, non? Les croqueurs de pommes par exemple (un club au moins dans chaque département) et ils sont très actifs dans le cantal, mais il y a aussi le conservatoire fruitier d’Aquitaine qui regroupent des variétés anciennes et de terroir. Qui, ELLES, sont forcément plus adaptées qu’une pomme de l’Iowa ou du Somerset à nos sols et climats.
    Il est certain que les informations relatives à leur résistance aux maladies ne sont pas facilement accessibles dans des bouquins, mais les vieux et les passionnés se feront un plaisir de te donner toutes ces informations. Par contre, c’est sûr faut se déplacer…
    Malgré tout, je ne crois pas que les anciens auraient sélectionnées des pommiers sensibles aux maladies pour le plaisir. Il n’y a pas de vieilles variétés sensibles, il n’y a que de vieilles variétés qui ne sont pas dans leur terroir de sélection…. D’où une recherche locale.

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