Le chant des cerises

Expériences et conception en permaculture

Le bas du terrain annexe

Les permaculteurs conseillent d’observer son terrain au moins un an, pour avoir fait le tour des saisons et avoir un bon aperçu des différents aspects (ensoleillement, eau, éléments extérieurs …). Un an est bien sur un minimum, et en voici la preuve.

Le terrain annexe est plutôt plat et fertile, ce qui est propice aux arbres fruitiers. Dans la zone la plus basse du terrain annexe, il y a un changement de végétation que j’avais jusque là sous-estimé.

Terrain annexe, zone du bas

Changement net de végétation suivant la diagonale de la photo.

La photo précédente donne une idée du changement brusque. Cette séparation se voit dans la diagonale de la photo, qui cache un changement d’altitude d’une cinquantaine de centimètres. A droite, des saules, des pruneliers et un tas de broussailles non identifiées. A gauche, des frênes et quelques noyers et fusains.

J’ai d’abord attribué à tord cette séparation par un changement de fertilité, le frêne aiment les sols humides et fertiles; ainsi qu’à un ensoleillement potentiellement inférieur.

Mais la raison est tout autre, et elle m’est apparue dans ce moment propice qu’était le creusement de drains, pour dévier le torrent qui descend de notre source de la route en contrebas.

Et si le changement de végétation n’était pas dû à une fertilité accrue apportée par les crues de la rivière voisine, mais à des inondations ponctuelles de cette même rivière ? Lâchant ma bêche pour mon appareil photo, j’ai eu la confirmation des mes craintes, avec de l’eau affleurant à moins de 5 cm …

Terrain annexe, zone du bas

Le changement de végétation était dû au facteur limitant de la profondeur de la nappe phréatique (ou d’inondations hivernales)

Le bas du terrain passe donc de zone la plus fertile et la plus plate du terrain annexe, à une zone avec un facteur très limitant. Changement de perspective radical …

Quelles options s’offrent à nous dans un tel contexte ?

En reprenant les activités possibles dans le terrain annexe, je regarde quelles sont les options restantes en prenant en compte les nouvelles contraintes :

    • Faire pousser des plantes qui tolèrent des inondations ponctuelles (et qui tolèrent un certain nombre d’heures d’ensoleillement minimum à déterminer).
      Il faut ici se référer au biotope des plantes, et sélectionner les plantes qui poussent sur les berges et les plaines inondables. Les candidats sont pour l’heure : Shellbark Hickory (Carya laciniosa), Sureaux, Asiminier ? Ces trois plantes ont l’avantage de résister à la juglone sécrétée par les petits noyers déjà présents (et le cousin du pécanier en sécrétera aussi !), mais je ne suis pas sûr de leur compatibilité avec l’ensoleillement de la zone.
    • Valoriser les plantes qui poussent naturellement (frênes, noyers)
    • Myciculture. Tout l’espace est très bien adapté à la myciculture. Il est malheureusement l’espace le plus éloigné de l’entrée, et la culture de champignons demande d’être présent régulièrement pour humidifier et récolter. Cette activité pourrait donc ne pas être adaptée, à part si la zone devient plus fréquentée, grâce à :
    • Création d’un espace social : La zone plate, fraîche et humide se prête particulièrement à la détente en été. Cet espace pourrait abriter des tables, chaises, hamacs qui serviraient à se délasser en écoutant le ruisseau; à pic-niquer; à planter des tentes; et à faire des sessions de cours de permaculture au cœur d’une des forêts comestibles.
    • Élevage. La zone peut accueillir un poulailler ou des ruches, et servir à la déambulation des animaux, même si elle n’est pas particulièrement intéressante.
    • Lianes fruitières: si des constructions sont créées, on peut envisager de planter des lianes fruitières sur les « hauteurs » et les faire glisser jusque sur la zone.

Annonce: je cherche pour l'automne prochain des graines de variétés connues de feijoa, d'amélanchier, de goumi (elaeagnus multiflora), de chalef (e. umbellata), et de ragouminier (prunus tomentosa). Si vous avez la chance d'avoir de tels fruits dans votre jardin, vous pouvez aider notre projet, en prenant contact avec moi, merci !

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2 commentaires to Le bas du terrain annexe

  1. jibé's Gravatar jibé
    le 22 février 2013 à 8 h 18 min | Permalink

    bravo pour ce diasgnostique et cette analyse et merci de les partager ici. Longue vie à ce blog.

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