Le chant des cerises

Expériences et conception en permaculture

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Les trois forêts comestibles

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Une forêt comestible peut prendre des formes très variées, puisque dans son sens le plus épuré, il s’agit d’un assemblage harmonieux (polyculture) d’espèces vivaces. Mise à part une petite portion de notre terrain que nous réservons à une culture intensive d’espèces annuelles (le potager), nous voulons remplir la majorité de l’espace avec des plantes vivaces utiles à nos besoins, et nous voulons le faire d’une manière qui produise une abondance de produits (aliments, matériaux …), qui réduise la maintenance au minimum, et qui ne dégrade pas (voir améliore par endroit) l’écologie du lieu.

Les articles précédents se sont concentrés sur la partie pentue du terrain, car c’est la partie la plus grande et qui demande le plus de « soins« . Les nombreuses contraintes ont fortement orienté les plantes à notre disposition. En effet, sans accès véhicule pour monter de l’eau ou de la matière organique, avec un sol peu fertile et pentu, une stratégie d’adaptation plutôt que de modification du lieu s’imposait.

Pour les autres parties du terrain, le choix est plus libre —même s’il existe aussi des contraintes propres — concernant les espèces ou les formes de la forêt comestible. Tout en prenant en compte les inconvénients lors de la conception, il ne faut pas mettre de côté les avantages, surtout relatifs par rapport aux autres parties du terrain. La comparaison des trois type d’emplacement permet de tirer partie de toutes les opportunités offertes par cette diversité de situations.

P1060767 P1050864 pano_devant_maison_potager-001Les trois emplacements pressentis pour les forêts comestibles sont très différents dans leurs tailles, leurs topographies, leurs sols … les forêts comestibles vont être conçues en conséquence ! De gauche à droite : terrain annexe, terrain pentu, terrain plat devant la maison.

 

Etude des emplacements et des forêts comestibles. Légende: *=caractéristique unique à un emplacement.
Caractéristiques Terrain annexe Terrain pentu Devant la maison
Superficie 3000 m²   < 1ha (A calculer)
Topographie Pente légère, plat Forte pente Plat
Orientation O/NO E/SE E/SE
Sols Profonds, frais, fertiles Secs, peu profonds ?, manque d’azote Profonds, frais, fertiles, azotés
Avantages
  • Sols
  • Irrigable (mais ruisseau en contre bas)
  • Accès véhicule
  • Taille moyenne*
  • Grande taille*
  • Plus vite sec le matin (brouillard)*
  • Températures minimales plus élevées en milieu de pente ?*
  • Endroit moins gélif*
  • Protégé du soleil brûlant de fin d’après midi d’été*
  • Pas de végétation à enlever pour planter
  • Sols
  • Irrigable par gravité*
  • Proche de la maison (zone d’intensité maximale)*
  • Compost des futures toilettes sèches sur place*
  • Électricité disponible*
  • Accès véhicule
  • Vols moins probables
 Inconvénients
  • Végétation à enlever en partie*
  • Vols éventuels*
  • Endroit gélif
  • Peu fertile*
  • Non irrigable*
  • Pente*
  • Difficulté d’acheminement de matériel, matière organique, etc*
  • Pas d’accès véhicule*
  • Petit espace*
  • Concurrence avec d’autres activités/zones (parking, bois, potager)*
  • Route à proximité*
  • Endroit gélif
Principaux facteurs limitant (par ordre d’importance)
  • Soleil
  • Vols
  • Eau
  • Matériel végétal
  • Place
  • Soleil
Fonctions
  • Production de noix
  • Production de fruits
  • Productions exotiques/inhabituelles
  • Ressourcement
  • Démonstration de forêt comestible de type « jungle »
  • Structure pour enseignement permaculture en extérieur
  • Éventuellement activités annexes (élevage, aquaculture, apiculture)
  • Amélioration de l’écologie du lieu (azote, infiltration des eaux de pluie…)
  • Production de sécurité alimentaire (noisettes, amandes, fruits séchés, tubercules ?)
  • Bois de construction, de chauffage ?
  • Potager
  • Poulailler
  • Espace de vie et de détente (terrasse, jeux enfants)
  • Autres (bois, parking…)
  • « Jardin d’Eden » (cerises, abricots, …)
Types d’architecture végétale
  • Forêt luxuriante, jungle
  • Grimpantes aux arbres
  • Diversité architecturale : beaucoup de strates de végétation
  • Espacement important, écologie de type savane
  • Plantation suivant les courbes de niveau, plus rapprochée horizontalement que verticalement (pour favoriser l’infiltration)
  • Grimpantes sur pergolas, treillis
  • Arbres nanifiés
  • Nombreux espaces ouverts (potager, parking, espaces sociaux)
Types de plantes (s’adaptant aux contraintes ou utilisant les avantages spécifiques de l’emplacement)
  • Tout type, sauf plantes envahissantes ou trop voyantes ?
  • Plantes de grande taille et exigeantes en sol
  • Plantes de sous-bois ou de lisière de forêt
  • Plantes pionnières amélioratrices de sol
  • Plantes expansives ou envahissantes (drageons, dispersion de graines)
  • Plantes sensibles à l’humidité
  • Plantes dont les fruits peuvent être transformés avec peu de matériel et de temps
  • Plantes nécessitant peu d’entretien (hors récolte éventuellement)
  • Plantes intéressantes par semi
  • Arbres nanifiés (par la variété ou le porte-greffe) ou plantes basses
  • Plantes trop sensibles aux chevreuils
  • Plantes nécessitant une attention soutenue (maladies, récoltes)
  • Plantes à intérêt ornemental
  • Plantes intéressantes pour les poules et les humains
  • Plantes non envahissantes

Annonce: je cherche pour l'automne prochain des graines de variétés connues de feijoa, d'amélanchier, de goumi (elaeagnus multiflora), de chalef (e. umbellata), et de ragouminier (prunus tomentosa). Si vous avez la chance d'avoir de tels fruits dans votre jardin, vous pouvez aider notre projet, en prenant contact avec moi, merci !





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Conception de la forêt comestible des zones 3 à 5 : choix des variétés

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Figuier Grise de saint Jean

Figuier ‘Grise de St Jean’, choisi pour son aptitude à produire des figues-fleur délicieuses qui sèchent sur l’arbre. Cette variété a des besoins plus exigeants inconnus à l’époque de la plantation. Assez frileuse et non protégée des froids inhabituels de l’hiver dernier, l’arbre a gelé, mais est reparti des racines.

Après avoir retenu un ensemble d’espèces végétales intéressantes s’adaptant aux conditions des zones 3 à 5 en vue de l’implantation d’une forêt comestible, il est temps de s’intéresser aux variétés. Les caractéristiques d’une variété touche tous les domaines, que ce soit au niveau de la qualité du fruit, de la saison de production, des transformations possibles, de la résistance aux conditions ou maladies, etc.

C’est à partir de cette étape que les choses commencent à devenir concrètes : Existe t-il des variétés sélectionnées ? Les variétés intéressantes sont elles disponibles à la vente, et où ? Comment multiplier les variétés (graines, greffe, bouture, marcotte) ?

Les variétés sélectionnées impactent la conception (placement selon les dimensions, les exigences,  ou les utilisations), la préparation du lieu, et la maintenance (facilité et époque de récoltes, transformations des produits possibles …)

Amandiers

Le principal critère de sélection est une variété fleurissant le plus tardivement possible. Choisir également des variétés pour assurer une bonne pollinisation. Les amandes à coque dure sont plus difficiles à casser mais résistent mieux aux ravageurs et maladies.

  • All in One : Autofertile, floraison tardive, coque tendre, arbre de petite taille.
  • Lauranne : Autofertile, floraison tardive, coque dure.
  • Ferragnes + Ferraduel : floraison tardive, coque dure, résistants aux maladies. Se pollinisent entre eux.
  • Autres variétés à floraison tardive : Ai, Belle d’aurons, Cristomorto, Ferralise, Ferrastar, Fragiulio, Francoli, Genco, Glorieta, Moncayo, Phyllis, Planada, Rabasse, Rachel, Ripon, Steliette, Supernova

Argousiers

Il faut associer des plans mâles (série Pollmix) aux plans femelles, sauf pour quelques rares variétés autofertiles.

  • Leikora : la plus répandue
  • Orange Energy : la plus prometteuse, plante peu épineuse
  • Variétés faiblement épineuses : frugana, dorana

Chalefs

Certaines variétés fruitières existent, permettant une récolte de fruits intéressants pour la consommation humaine. Assez fidèle par semi. J’ai pu récupérer des graines de variétés améliorées. Planter au moins deux variétés.

Pousses de chalef

Le chalef ou olivier d’automne (Elaeagnus umbellata) se reproduit assez fidèlement par semi, ce qui est une chance vu ses qualités et la forte utilisation prévue sur le terrain. J’ai pu cette année récupérer des graines de variétés sélectionnées (merci au généreux donateur !)

Cerisier

Il n’existe pas de porte-greffe nanisant et résistant à la sécheresse, ce qui rend la plantation de cerisiers peu intéressante sur la partie pentue. Les cerisiers seront plus localisés en bas du terrain ou sur le terrain annexe, et ils peuvent être remplacés sur le terrain pentu par des ragouminiers mieux adaptés et de plus petite stature. La sélection de cerisiers sera axée sur la résistance aux maladies et l’étalement de la production. Il existe aussi un petit nombre de variétés naines de cerisiers, qui pourraient être greffées sur le porte greffe sélectionné pour le terrain pentu (le Sainte Lucie), mais ces variétés sont chères et les greffons sont difficiles à obtenir (variétés protégées).

Feijoa

Les variétés disponibles sont sensiblement équivalentes. Prendre deux variétés pour de meilleures récoltes. Serait assez fidèle par semi.

Féviers d’Amérique

Les sélections les plus récentes ne sont pas encore disponibles. Les meilleures sélections de première génération sont Millwood et Calhoun qui ont des taux de sucres de 35-40% et sans épines.

Figuiers

Voici les critères pour la sélection des variétés : étalement et lissage de la production; variétés plus résistantes à la sécheresse (=de faible stature); aptitude au séchage; variétés résistantes à l’humidité (à cause du brouillard matinal).

  • Grise de St Jean : figues-fleur délicieuses séchant sur l’arbre ! Malheureusement, la variété est la plus sensible au froid, et a besoin de plus d’eau et de chaleur. Elle est aussi difficile à multiplier. A réserver à un endroit privilégié.
  • Ronde de Bordeaux : unifère précoce, permet de combler le trou de production des bifères de la deuxième partie d’août. Peut être séchée. Bonne résistance aux maladies. Arbre de grand développement.
  • Pastillère : même rôle que ‘Ronde de Bordeaux’, arbre de moins grand développement, surement plus résistant à la sécheresse.
  • Dauphine : la plus prodigue en figues-fleur,  mais difficiles à récolter. Grand développement.
  • Col de dame : variété tardive pour étendre la production en fin de saison. Séchage possible.
  • Variétés pouvant être séchées entières : Grise de St Jean, Ronde de Bordeaux, Marseillaise, Sucrette, Négronne

Mûriers

Pour les muriers, mes critères sont la saveur et la dimension des fruits, des arbres de faible hauteur, et une utilisation pour les humains et pour la volaille.

  • Pakistan : les plus longs fruits (5-8cm), chair plus ferme que les autres variétés, peut se manger avant d’être mûr. Peut être pas assez rustique pour nos hivers
  • Paradise : arbre nain (2m), fruits blancs (moins de prédation par les oiseaux) et très sucrés aptes au séchage
  • Oscar : un des meilleurs goûts, pourrait être mangé au stade rouge où il aurait goût de framboise, résistant au froid et à la sécheresse
  • Illinois Everbearing : Très bon fruits, récolte abondante mais étalée sur une longue durée, souvent utilisé pour la volaille
  • Geraldi dwarf : Forme naine, le fruit aurait un goût bon à très bon suivant les sources

Jujubiers

Pour les jujubiers, les caractéristiques retenues sont la présence ou non d’épines (les sélections sans épines sont plus faciles à récoltées, mais peut être plus sensibles aux attaques de chevreuils) et la qualité du fruit en frais (fort taux de vit. C) ou en sec (conservation et haut taux de sucres).

  • Li : une des plus courantes. Très bonne en frais, début de saison. Fruits larges, arbres drageonnant.
  • Lang : une des plus courantes. Meilleur en sec, mi saison. Peu d’épines.
  • Honey jar et Sugarcane : fruits petits mais d’excellente qualité. Épineux.
  • Sherwood : Fruits large d’excellente qualité, fin de saison. Peu épineux.

Plaqueminiers

Il existe de nombreuses variétés intéressantes de plaqueminier américain (Diospyros virginiana), mais peu sont disponibles en France ou en Europe.

  • Variétés sans pépins si non pollinisées : Yates, Pieper, Meader, Garretson
  • Variétés supportant la congélation : John Rick, Moris Burton, Garretson
  • Variétés supportant la cuisson : John Rick, Moris Burton
  • Voici une liste de combinaisons que j’ai mise au point pour prendre en compte les besoins de pollinisation tout en maximisant le nombre de variétés sans pépins. Ces « paquets » devraient être espacés de plus de 15m pour éviter des pollinisations entre paquets par les abeilles.
    • {Une variété sans pépins si non pollinisée et pollinisatrice} + {une ou plusieurs variétés nécessitant une pollinisation et non pollinisatrices} = {Meader ou Garretson} + {NC-10 et/ou Lena}
    • {Une ou plusieurs variétés sans pépins si non pollinisées et non pollinisatrices} = {Yates et/ou Pieper}
    • {Une ou plusieurs variétés intéressantes et nécessitant une pollinisation} + {Une ou plusieurs variétés pollinisatrices} = {John Rick et/ou Moris Burton, NC-10, Lena}+ {Meader et/ou Szuki}

Le plaqueminier kaki (D. kaki) semble aussi relativement résistant à la sécheresse sur son porte-greffe classique, le plaqueminier lotus (D. lotus). Le kaki peut aussi être greffé sur le plaqueminier américain, qui lui fait bénéficier de son système racinaire pivotant, et d’ailleurs la moitié des variétés de kakis sont incompatibles avec le plaqueminier lotus. Pour augmenter la résistance à la sécheresse, on peut faire l’hypothèse que des arbres peu vigoureux ou à petits fruits seront plus adaptés. Il existe des variétés astringentes (PCA) devant être mangées blettes, comme les nèfles (le fruit a une consistance de tomate bien mûre), et des variétés non astringentes (PCNA) pouvant être mangées comme des pommes, mais nécessitant plus de chaleur.

  • Variétés peu vigoureuses (arbres nains, ce qui est un avantage pour la récolte) : Hana Fuyu (PCNA), Farmacista cicilia (PCA), Izu (PCNA),  Ichikikei jiro (PCNA)
  • Variétés particulièrement adaptées au séchage : Saijo (PCA), Hachiya (PCA)
  • Variété à petits fruits : Saijo (PCA)

Poiriers

Il ne semble pas y avoir de porte-greffe satisfaisant, disponible, qui nanifie le poirier et résiste à la sécheresse. Les caractéristiques à retenir sont l’étalement de la consommation des fruits, et la résistance aux maladies, en particulier à la tavelure et au feu bactérien. Quelques variétés m’intéressent mais ne sont pas trouvables en France.

Vignes

Les variétés de vignes intéressantes sont surtout celles résistantes aux maladies, et notablement au mildiou et à l’oïdium dans notre vallée aux brouillards matinaux fréquents.

  • Variétés avec pépins et résistantes aux maladies développées par l’INRA : Aladin, Amandin, Candin, Perdin
  • Variétés étrangères sans pépins et résistantes aux maladies : Stéphanie, Evita, TheresaKodrianka, Lakemont

Il ne manque plus qu’à acquérir ces variétés … encore un effort !

Annonce: je cherche pour l'automne prochain des graines de variétés connues de feijoa, d'amélanchier, de goumi (elaeagnus multiflora), de chalef (e. umbellata), et de ragouminier (prunus tomentosa). Si vous avez la chance d'avoir de tels fruits dans votre jardin, vous pouvez aider notre projet, en prenant contact avec moi, merci !





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Plantes adaptées au terrain pentu (zones 3-5)

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Argousier "Leikora"

L’argousier est un arbuste pionnier utilisé pour stabiliser les pentes, qui résiste aux vents et à la sécheresse, et qui produit des fruits ayant un des plus fort taux de vitamine C des régions tempérées.

Poursuite de la réflexion sur l’utilisation du terrain pentu, qui est à la fois la plus grande (zones 3-5), et celle qui pose le plus de défis, et dont l’utilisation nous était jusqu’ici mystérieuse.

Pour rappel, les défis de cette partie du terrain sont :

  1. Les chevreuils;
  2. La pente, dont nous avons étudié les avantages et les inconvénients;
  3. La sécheresse, induite par la pente;
  4. Le vent

Plantes prometteuses

Voici une liste de plantes particulièrement intéressantes compte tenu de ces défis. Le seul critère obligatoire pris en compte est la sécheresse, puisque le vent peut être contré par des haies brise vent, et la menace des chevreuils peut être écartées par une protection individuelle (non généralisable cependant) ou on peut tenter sa chance pour certains arbres (duplicatas de variétés en sécurité par exemple).

L’espace du terrain pentu étant assez grand, j’ai également inclus des arbres à la limite des caractéristiques de cette partie, car même si certains arbres conviennent parfaitement, il serait malgré tout intéressant de diversifier le panel des variétés plus sensibles et désirables (étalement de récolte, etc) en utilisant le haut du terrain. On ne peut pas se nourrir que de gousses de févier d’Amérique !

Ce travail d’analyse des niches des plantes est une étape importante de la conception en permaculture. Elle forme une trilogie, avec les observations du terrain d’une part; et les désirs, stratégies et valeurs du projet de l’autre. La mise en adéquation des désirs avec les conditions du terrain permet de voir ce qui est réalisable et les modifications à apporter au terrain. L’analyse du terrain alliée à la recherche des niches écologiques des plantes permet de sélectionner les espèces adaptées au site et qui pousseront avec un minimum d’attention et d’interventions.

Espèce Sec Vent Chv Fruits Feuilles Autres
Jujubier (Ziziphus Jujuba)  ✓  ✓ Frais, séchés sur l’arbre Moutons, chèvres Sol stab., vit. C (200-350mg/100g)
Figuier (Ficus Carica)  ✓  ✓ Frais ou séchés, volaille Chèvres Res. au feu
Févier d’Amérique (Gleditsia Triacanthos)  ✓  ✓  ✓ Jeunes gousses et graines, moutons, vaches, porcs Bétail Extraction de sucre
Amandier (Prunus dulcis)  ✓ Frais ou secs
Plaqueminier de Virginie (Diospyros Virginiana)  ✓  x Blets, porcs, volailles, vaches, chevaux
Mûrier (Morus spp.)  ✓  x Frais, séchés, porcs, volailles Fraîches, poules, cochons, vaches, chèvres, moutons, lapins, poissons
Pins (Pinus spp.)  ✓  ✓  ✓ Pignons Persistant
Chalefs (Elaeagnus spp.)  ✓  ✓  ✓ Frais, volaille Volaille? N², sol stab.
Arbre à pois (Caragana Arborescens)  ✓  ✓  ✓ Graines: volaille N², sol stab.
Robinier (Robinia pseudoacacia)  ✓  ✓  ✓ Graines: volaille Volaille, porcs, vaches, chèvres, moutons, poissons N², sol stab., mellifère
Romarin (Rosmarinus officinalis)
 ✓  ✓   ✓ Aromatique Persistant
Thym (Thymus spp.)
 ✓  ✓  ✓ Aromatique Persistant
Vigne (Vitis vinifera) sur PG1  ✓  (x) Frais ou sec  Grappes à l’abri des chevreuils en hauteur
Poirier (Pyrus communis) sur PG2  ✓  x Frais
Cerisier (Prunus avium) sur PG3  ✓  x Frais
Feijoa (Acca sellowiana)  ✓  (✓)  ✓ Frais Persistant, résistant au vent mais protéger pour avoir une récolte de fruits
Chênes à glands doux (Quercus gambelii et autres)  ✓  ✓  ✓?  Glands (crus?), aussi pour cochons et volaille (moulus)
Che (Cudrania tricuspidata)  ✓  ✓  ✓? Frais
Tournesol de Maximilien (Helianthus maximiliani)  ✓  ✓ Graines pour huile et volaille Tubercule cru ou cuit
Argousier (Hippophae rhamnoides)  ✓  ✓  ✓? Frais et en jus, volaille Volaille N², sol stab., vit. C (400mg/100g)
Ragouminier (Prunus tomentosa)  ✓  ✓ Frais
Plantes prometteuses pour la partie du terrain concernée. Légende: Sec=résistance à la sécheresse; Chv=résistance aux chevreuils;  Sol stab.=Utilisé pour stabiliser les pentes

 

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  1. Porte-greffes sélectionnés, permettant une résistance au phylloxera, à la sécheresse et au calcaire : ’110 Richter’ et ’140 Ruggeri’
  2. Porte-greffes sélectionnés, permettant une résistance à la sécheresse et au calcaire : Pyrus amygdaliformis, P. elaeagrifolia, P. syriaca
  3. Porte-greffe sélectionné, permettant une résistance à la sécheresse et au calcaire : Prunus mahaleb
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Bio-diagnostique des zones 3-5

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Terrain pentu

Genévriers, chênes et genêts. La garrigue méditerranéenne en haut du terrain.

Les zones 3 à 5, occupant la majorité du terrain, offrent un paysage à l’allure méditerranéenne et il n’est pas besoin d’étude de la flore pour savoir que cette partie du terrain est sèche. La forte pente est surement en cause, offrant des sols moins profonds et fertiles, et aucun « réservoir topologique » pour freiner l’eau et l’infiltrer.

Voyons cependant si les plantes confirment cette impression, et ce qu’elles peuvent nous apporter comme indications supplémentaires. Hormis les quelques bosquets de chênes plus ou moins grands, cette partie du terrain est dominée par une strate herbacée composée de brachypodes, d’une sorte de genêts non identifiée, de genévriers, et de noisetiers.

Ces plantes indiquent les caractères suivants :

  • Sol peu profond
  • Sol asséchant
  • Engorgement en MO d’origine végétale
  • Carence en azote
  • Carence en MO d’origine animale
  • PH > 7.5

Ce diagnostique est pratiquement l’opposé de celui de la parcelle 1b.

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Bilan

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Après plus d’un an sur le terrain, il est temps de dresser un premier bilan !

Le plus important d’abord !

La famille s’agrandit !

Cette première année à avant tout vu l’arrivée de notre fille, pressée de venir nous rejoindre dans notre petit paradis. Quelle aventure ! Nous naviguons au jour le jour, avec pour objectif de montrer à notre enfant à quel point nous l’aimons, et de lui créer un environnement propice à son développement et son épanouissement. La parentalité, ça se travaille aussi ! Nous avons lu quelques bouquins et faisons partie d’un groupe de parole sur la parentalité  dans une optique consciente et bienveillante. Bien sûr il a été difficile de se concentrer beaucoup sur le terrain, malgré mon rêve fantasmé de jardinage avec notre enfant portée en écharpe dans le dos …

Le design en permaculture … a bien avancé

P1040726

Un an d’observation qu’on vous dit !

Je connais de mieux en mieux notre terrain, ce que j’ai pu découvrir lors du remplissage du tableau d’analyse et d’évaluation. On dit qu’il faut au minimum un an pour observer, et c’est tout à fait vrai. Comme beaucoup je n’ai pas respecté le délai, et ait planté des arbres quelques mois après notre arrivée. J’ai eu la surprise, seulement un jour après avoir planté un plaqueminier kaki ‘Jiro’, de le voir noyé sous une flaque d’eau, venant d’un torrent d’eau se déversant à la bordure de notre terrain après de fortes pluie (voir photo). Le problème a été réglé (provisoirement) en détournant le torrent, mais la situation a été exemplaire. Dans cette première année, nous avons également connu un incendie qui s’est arrêté miraculeusement à la frontière de notre terrain, après avoir consumé deux hectares de terrain (l’arrêt n’est pas si miraculeux, le sol étant plus humide sur le bord du terrain, grâce à une source qui est à l’origine du torrent sus-évoqué).

Brouillon

Idées sur papier (pendant mes cours de BPREA, l’année dernière)

La plus grande erreur de cette première année concerne  le zonage du lieu. A l’origine le lieu choisi pour l’implantation de la forêt comestible ou du verger en permaculture était la zone 2a, privilégiée sur la zone 2b car elle était au dessus de la maison, moins pentue, et avec des chemins existants. C’était bien mal connaître le terrain, car au final la zone 2b est  plus fertile, grâce à la présence de la source intermittente en son haut, du puits au milieu de cette zone, et des filets d’eau souterrains. Cette eau providentielle a permis une meilleure activité biologique qui a favorisé la fertilité par rapport à la zone 2a. L’étude de la végétation spontanée a mis en évidence ces différences (la présence de noisetiers, de frênes et d’eupatoires notamment), et une étude plus précise a mis en évidence une zone humide très intéressante à mettre en culture. Quant aux chemins, ils se sont créés « spontanément » car nous avons planté quelques arbres dans cette zone. Eh oui, la zone définit les éléments qui s’y trouvent, mais l’inverse est également vrai !

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Le terrain annexe est une forêt luxuriante. Le projet est de remplacer la plupart des arbres par des espèces plus utiles à nos besoins, pour y créer une forêt comestible.

Une illustration de cette réciprocité est donnée par la plantation d’un mûrier blanc de variété ‘Pakistan’ sur le terrain annexe. Cet arbre est peut être celui que j’avais le plus envie de posséder  (voir une photo des fruits), mais des recherches m’ont appris que cet arbre était peu rustique, éventuellement à cause d’un débourrement hâtif le laissant vulnérable aux froids tardifs. Grâce à l’analyse du terrain annexe, et notamment de l’orientation, j’ai décidé de mettre le mûrier dans une exposition légèrement au nord pour retarder son débourrement. Le terrain annexe abritant désormais mon arbre le plus précieux, il a fait l’objet d’une attention redoublée, et j’y ai plus travaillé en une semaine que pendant l’année écoulée. J’ai pu prendre l’ampleur du potentiel du terrain annexe, qui abritera à terme surement une forêt comestible luxuriante.

Le potager

Tomates au séchage

Tomates ‘Principe Borghese’, tentative de séchage (avortée)

Concernant le potager, on peut résumer notre expérience de la première année par : nous avons beaucoup appris de nos erreurs. En effet le potager n’a pas été très productif, à cause d’un manque de temps, d’un manque d’organisation, d’un manque d’expérience, d’un manque d’intérêt, d’une météo facétieuse, et de la volaille qui nous a causé des soucis. Notre plus belle réussite a été la variété de tomates ‘Principe Borghese’, qui pourrait se sécher sur pied (voir photo), nous avons fait un essai, plus pour se roder pour l’année prochaine car nous avions semé cette variété très tard. L’année prochaine promet d’être prometteuse après l’achat de graines de nombreuses espèces et variétés. Il suffira de ne pas rater le rendez-vous du printemps prochain. Nous fonctionnons pour l’instant avec la méthode bio-intensive, mais nous espérons passer à terme à une polyculture de légumes, avec éventuellement quelques planches en bio-intensives pour des usages particuliers (par exemple pour des tomates à coulis). Malgré le budget limité, je me suis concentré sur l’acquisition d’espèces et de variétés de plantes pérennes très intéressantes en permaculture, et essentielles à notre sécurité alimentaire ou un éventuel projet de commercialisation. Ces variétés rares incluent la consoude stérile (symphytum x uplandicum) ‘B4′ particulièrement utile pour les animaux (humains compris !), l’oignon-patate (allium cepa var. aggregatum) ‘Green mountain’ de grosse taille, la glycine tubéreuse (apios americana) ‘Nutty’ à gros tubercules.

Les arbres fruitiers

Murier Pakistant racines nues

Mûrier ‘Pakistan’ en racines nues, prêt à être planté.

Belle avancée sur les fruitiers, avec une certaine quantité d’arbres plantés (la liste est tenue à jour). L’automne dernier nous avons acheté des arbres fruitiers chez un unique pépiniériste spécialisé, pour réduire les frais de port. La sélection des espèces s’est faite suivant nous goûts respectifs pour les fruits, et le choix des variétés a été borné par le choix offert par le pépiniériste, la description qui en était faite, et les contraintes de pollinisation. Avec du recul et une meilleure connaissance du sujet, quelques erreurs ont été commises, sur le choix des variétés (par exemple l’abricotier ‘Bergeron’ est sensible à l’oïdium) ou de leur emplacement (le figuier ‘Grise de St Jean’ choisi pour ses figues fleurs pouvant sécher sur l’arbre, est en fait un des figuier les plus gourmands en eau).

Les arbres fruitiers sont un des piliers fondamentaux du projet, et mon sujet préféré. Depuis l’installation, j’ai beaucoup avancé sur la connaissance des espèces, des variétés intéressantes (fruits, résistance aux maladies …), des porte-greffes adaptés, des bonnes adresses. Je pense que c’est sujet fondamental, aussi important qu’une bonne connaissance de son terrain. J’ai pu m’appuyer, pour les connaissances théoriques, sur des ouvrages comme « Edible Forest Garden », « Creating a Forest Garden », « Uncommon Fruits for Every Garden », la revue « Agroforestry Trust News » et la base de donnée « Plant for a Future« . Concernant la partie « logistique », j’ai la grande chance de faire partie d’un mini groupe de permaculteurs locaux qui faisons des commandes d’achat ou de graines groupées, qui nous partageons les variétés pour ne pas faire de doublons, et qui échangeons gaiment greffons et boutures. Nous totalisons un nombre de variétés impressionnant (plus de 200), dans lequel je ne pèse pas bien lourd, mais je participe activement au groupe en dénichant les bonnes espèces ou variétés, et les bonnes pépinières. Mes partenaires ne sont pas frileux, et nous avons déjà commandé dans des pépinières françaises, anglaises, allemandes et hollandaises.

La volaille, aïe aïe aïe

Poule au milieu des tomates

La poule aime le potager, mais le potager aime t-il la poule ?

La volaille est un élément amené a être essentiel dans notre projet. Malheureusement pour l’instant, elles ne sont absolument pas bien intégrées au reste du système. Nous avons décidé d’avoir quelques poules rapidement pour apprendre le plus rapidement possible, et de ce point de vue l’expérience gagnée cette année est précieuse. La volaille a été très gênante au potager (nous n’avons pas mangé de grosse tomate qui n’était pas passée quelques jours plus tôt par le bec avide des gallinacées) et autour des arbres plantés, en éparpillant le paillage et en grattant à leur pied. Pour intégrer au mieux les volailles, nous prévoyons de construire un nouveau poulailler, plus grand, et en clôturant pour exclure la volaille de la zone 1, et pour leur aménager un enclos/parcours dont l’utilité sera développée plus tard. Nous voudrions aussi augmenter le nombre de poules jusqu’à une dizaine.

Le projet

Comme dans tout projet, le facteur humain est essentiel. Nous nous sommes aperçus récemment que notre vision commune du projet était floue. La difficulté est de séparer notre projet de vie commun, et mon futur projet professionnel que je peine à définir, et qui pourra utiliser ou s’intégrer à notre projet. Définir de manière claire et précise nos valeurs et nos objectifs est primordial. Plus à venir bientôt.

Annonce: je cherche pour l'automne prochain des graines de variétés connues de feijoa, d'amélanchier, de goumi (elaeagnus multiflora), de chalef (e. umbellata), et de ragouminier (prunus tomentosa). Si vous avez la chance d'avoir de tels fruits dans votre jardin, vous pouvez aider notre projet, en prenant contact avec moi, merci !





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Du bois pour l’hiver

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Nous nous chauffons au bois, et même si le bois à ses inconvénients (grosse dépense ponctuelle, place occupée, manutention…), il a aussi ses avantages : une fois chez nous, on est sur d’avoir chaud cet hiver, quoi qu’il se passe dans les réseaux de production ou de distribution distants et peu stables. Le bois est aussi plus difficile à voler.

Bois pour l'hiver

Tas de bois pour l’hiver, sa présence imposante est rassurante, mais demande d’être (mieux) intégrée au reste de la conception.

Le bois pose de nombreuses questions au concepteur :

  1. Si toute ou partie de la production est envisagée, il faut étudier quelles essences de bois privilégier, quel mode d’exploitation (traditionnel, cépée), et quelle superficie;
  2. Pour le foyer de combustion, de nombreuses options sont disponibles : poêle traditionnel, poêle de masse, rocket stove amélioré … et qu’elles utilisations annexes : cuisine, chauffage de l’eau, de la serre, distillation, séchage …
  3. Enfin, comment gérer le stock de bois

Le stock de bois peut être volumineux, comme le montre la photo, représentant 11-12 stères de bois. Il faut réfléchir à quel endroit stocker le bois (près de la maison ou du dépôt, ou les deux), sous quelle forme (vrac ou rangé), avec quelle protection (bâche ou abris). Si le bois est déplacé ou rangé, il faut penser à réserver tout de même une place pour le dépôt, qui implique le tas proprement dit, et la place et l’accès pour le moyen de transport et ses manœuvres.

Si le bois est déplacé ou terminé à la fin de l’hiver, des utilisations parallèles peuvent être crées pour l’espace de dépôt : parking, zone de compostage, zone de stockage de la neige des allées ou parking …

Enfin, mais ce n’est pas évident, trouver d’autres fonctions au tas de bois : blocage d’accès impraticable en hiver, protection des vents d’hiver pour les volailles …

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Repérage de la zone humide sur le terrain

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Ma réflexion se porte de plus en plus sur la zone humide, mise en évidence lors de l’étude de la végétation spontanée de la zone 2b. Cette zone possède l’avantage d’être fertile, humide, et de disposer d’un puits attenant. Elle pourrait servir de zone annexe pour la culture des légumes, et pour l’implantation de fruitiers aimant les sols frais, et nécessitant une surveillance accrue (rendant cette zone plus désirable que le terrain annexe). Elle permettrait d’étendre la zone de culture privilégiée qu’est la zone plate devant la maison. Les inconvénients de cette zone sont la pente et la présence de chevreuils, nécessitant sans doute une clôture.

Pour prendre un peu mieux la mesure de cette zone, j’ai pris des distances et calculé la superficie. La superficie permet de concevoir un peu mieux quelles espèces fruitières pourront être plantées, et surtout où. Le périmètre donne une idée de la clôture à mettre en place. Enfin, la grandeur d’ordre générale permet de commencer à réfléchir au placement des haies brise vent.

Calcul de la superficie de la zone humide par découpage en triangles (dessin non à l’échelle)

Voici quelques photos de la zone humide, prise sous différents angles.

Délimitation zone humide

Vue depuis le haut de la zone

Délimitation zone humide

Vue depuis le nord

Délimitation zone humide

Vue depuis le bas



L’idée était louable, mais les photos et la pente déforment les surfaces, il n’est pas évident de se représenter la zone.

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Conception en permaculture et choix des espèces végétales

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Dans sa plus simple expression, la permaculture pourrait être réduite au choix et au placement judicieux des espèces végétales et animales dans le but de remplir nos objectifs.

Comme exemple de réflexion que peut offrir une espèce végétale, je vais présenter le kiwi, fruit qui me tient à cœur et que j’ai regardé de prés. Cet examen méthodique peut être répété pour chaque espèce ou chaque type de fonction que l’on veut remplir (ex: glucides stockables, ombre pour la voiture, etc.)

La plante

Espèce Variété Notes
A. deliciosa Sollissimo Renact Les fruits atteignent 80% de la taille d’Hayward
A. deliciosa Jenny Petits fruits (3-4 cm)
A. deliciosa  Solo  Petits fruits
A. arguta Issaï Un des kiwaï les plus courants à trouver. Faible vigueur.Hybride.
A. arguta 119-40 Vigoureux, bon fruit, bon pollinisateur. Introuvable en France.
A. arguta  Kokuwa Difficilement trouvable. Doute sur l’autofertilité.
A. kolomikta  Dr Szymanowski  Feuilles colorées comme chez les mâles. Serait autofertile.
Variétés autofertiles pour les différentes espèces d’actinidia.

Au niveau de l’architecture biologique, l’actinidia peut être utilisé comme le seraient les autres lianes caduques. Comme elles, l’actinidia nécessite un support. Ceci peut être considéré comme un inconvénient, puisque si l’on veut une bonne production facile à ramasser, il faut exposer la liane en plein soleil et la garder basse, ce qui veut dire construction d’une treille, d’une pergola… Cette caractéristique a aussi ces avantages, puisque débarrassée du besoin de créer un squelette végétal fort, la liane en emprunte un (support artificiel ou tronc) et peut consacrer son énergie à la production de végétation et de fruits, ce qui confère aux actinidias une grande productivité. Les lianes forment un étagement à part entière dans l’architecture végétale d’une forêt comestible. Elles poussent à l’ombre et vont chercher le soleil dans la canopée des arbres. Pour une bonne fructification, il faut donc du plein soleil et souvent de l’irrigation pour compenser le manque d’ombre. Si l’on veut associer des actinidia à des arbres, il faut tenir compte de la vigueur : Les kiwis et kiwaïs sont très vigoureux, les kiwaïs de Sibérie et le kiwaï ‘Issaï’ sont deux fois moins vigoureux. L’arbre à associer au kiwi peut être un des arbres spontané du terrain, on peut aussi choisir un arbre à racine pivotante pour réduire la compétition, ou un arbre fixateur d’azote pour les mêmes raisons. L’actinidia étant une liane caduque, elle peut également servir dans une conception en permaculture pour ombragée une zone en été (verrière, terrasse, maison) tout en laissant passer le soleil en hiver (utile pour les aménagements bioclimatiques). Les actinidias sont dïoiques, c’est à dire qu’il faut planter des plants mâles improductifs qui polliniseront les plants femelles (ration: un plant mâle pour 5-8 plants femelles). Certains variétés autofertiles (ne nécessitant pas de pied mâle) sont disponibles dans le tableau ci-contre.

Le fruit

L’utilisation « ethnobotanique » la plus courante des kiwis dans une conception en permaculture est comme fruit à haut taux de vitamines.

Variété des fruits : (a) gros kiwi à peau velue ‘Green Light’ (b) kiwaï moyen à peau lisse et rouge ‘Kens Red’ (c) Gros kiwaï à peau lisse et verte ‘Ambrosia Grande’. Source : FruitLent.

Espèce & variété Vit. C / 100g Vit. C / fruit
Kiwi ‘Hayward’ 81 mg 81 mg
Kiwaï ‘Issaï’ 148 – 163 mg 15 mg
Kiwaï ‘Weiki’ 80 mg 6 mg
Kiwaï ‘Jumbo’ 75 mg 8 mg
Kiwaï de sibérie 800-1100 mg 30 mg
Orange 53 mg 75 mg
Taux de vitamine C suivant les différentes espèces et variétés du genre Actinidia. Source.

Dans le tableau suivant, on voit que la quantité de vitamine C dépend fortement des espèces, les kiwis et kiwais ayant sensiblement le même taux, et les kiwaïs de Sibérie dix fois plus. Le score élevé obtenu par la variété ‘Issaï’ viendrait de son origine hybride entre A. arguta et A. kolomikta. Le genre actinidia est très intéressant pour obtenir de la vitamine C. Les kiwaïs de Sibérie sont sans doute un des aliments les plus riches en vitamine C que l’on puisse produire sous nos régions, avec les baies de goji et les argouses. Les kiwis et les kiwaïs s’en sortent également très bien, même avec un score nettement inférieur. Seuls les cassis semblent leur voler la vedette, avec deux à trois fois plus de vitamine C, mais vu la difficulté de cueillette des baies de cassis, on se retrouve vite à manger deux à trois fois plus de kiwis ou kiwaïs !

Les différentes espèces d’actinidia ont leurs avantages, et mériteraient d’être utilisées de concert. Les kiwaïs de Sibérie ont de loin le meilleur taux de vitamine C, mais les variétés sont dures à trouver (il faut commander à l’étranger) et leur vigueur est moins grande (30% d’une liane de kiwi). Les kiwaïs sont plus petits, mais se mangent sur l’arbre beaucoup plus facilement que les variétés à peau velue. Un placement judicieux sera gage d’une grosse consommation pendant l’époque de maturité. Leur petite taille, comme chez leurs homologues sibériens, facilite le séchage pour conservation (que devient le taux de vitamine C ?). Enfin les kiwis classique sont plus gros, et leur peau velue leur assure une conservation de plusieurs mois, toute en préservant la vitamine C (le taux de vitamine C baissant peu lors de la conservation – source).

Les différentes espèces d’actinidia permettent un choix important lors d’une conception en permaculture : taille, peau, couleur, vigueur, pollinisation … sont autant de facteurs qui peuvent s’intégrer aux besoins du projet ou aux contraintes du lieu. Voici un tableau des caractéristiques des actinidias, les conséquences et des pistes d’intégration.

Caractéristiques Espèces Avantages Inconvénients Solutions de contournement Solutions correctrices
Peau velue Kiwi Longue conservation Peau non comestible Prendre des espèces à peau lisse Peler …
Peau lisse Kiwaï, Kiwaï de Sibérie Peau comestible Conservation courte Prendre des espèces à peau velue Réfrigérer (2 mois de conservation), séchage, autres transformations
Espèce dïoique (Nécessite un mâle pour 5-8 femelles) Toutes Perte de place, achat de plants supplémentaires Prendre des variétés autofertiles (voir tableau précédent) Utiliser les mâle dans des endroits inaccessibles, pollués, moches (poteau téléphonique, mur de la maison …)
Peau verte Kiwaï, Kiwaï de Sibérie Moins de prédation (?) ou de vol Récolte plus difficile (repérage des fruits, maturité) Prendre des variétés à peau rouge (Amdue, Ken’s Red, Ananasnaya, Sadowa)
Petite taille (~5-8g) Kiwaï, Kiwaï de Sibérie Peut être mangé comme un snack, séchage plus facile Cueillette plus longue Prendre des variétés à gros fruits (Jumbo, Ambrosia grande ~11g). Remplacer par des kiwis.
Avantages, inconvénients et solutions des différents actinidia.

La connaissance du choix des espèces et des variétés augmente considérablement le choix et les possibilités, comparativement au choix classique du kiwi Hayward et de son pollinisateur.

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Perpétuer ses variétés du potager façon permaculture

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La tomate, emblème de la sauvegarde amateur des graines et de la diversité. Et pour cause, c’est un des rares légumes qui s’y prête facilement. Source: chez l’arpent nourricier.

Perpétuer les bonnes variétés des légumes du potager ou du jardin est fondamental pour des raisons largement connues : préservation de la diversité, autonomie et indépendance, adaptation aux conditions locales, matériel génétique pour la création de nouvelles variétés, etc. Mais l’art de perpétuer ses semences demande disponibilité, patience, minutie et expérience (qualités qui me font défaut). Dans une optique typiquement permaculture, j’ai réfléchis aux meilleures techniques pour assurer la perpétuation des variétés de la manière la plus simple possible. Une partie de ce travail étant personnel, il est possible que des erreurs se soient glissées !

Conserver ses graines, au delà de l’opération technique considérée, c’est avoir réussi à trouver le père de la graine que l’on tient dans la main. La mère étant facilement identifiable comme la plante qui porte le fruit dans lequel se trouve la graine, trouver l’origine du père qui a fourni le pollen est plus compliqué. Si le père est inconnu, la graine a pu être issue de la fécondation de deux individus d’une même espèce, mais de variétés différentes, et cette graine donnera une plante aux caractéristiques différentes de celle de la mère. Plus précisément, conserver ses graines c’est avoir réussi à sélectionner le père souhaité.

Un peu de biologie …

Pour vraiment comprendre ce qui se passe, et comment (et surtout pourquoi) utiliser une technique, un peu de biologie s’impose.

Lorsque les espèces sont totalement autogames, la mère et le père sont le même individu, et la descendance aura les mêmes caractéristiques que le parent, sans autre intervention de notre part que la récolte des graines. Ces légumes sont l’emblème de la sauvegarde amateur des variétés, puisqu’à la fois assurer la pureté variétale ne demande aucun travail, et on peut faire pousser autant de variétés que l’on souhaite. La tomate et la laitue sont des exemples de légumes autogames.

Malheureusement, les légumes autogame ne sont pas majoritaires. La « nature » préfère un brassage des gènes et une diversité maximale pour pouvoir s’adapter à tout changement de situation. Les espèces allogames nécessitent donc deux plants, l’un étant la mère et l’autre le père. Cette allogamie peut résulter du caractère dioïque de l’espèce (un plant n’a soit que des organes femelles soit que des organes mâles), ou pour le cas des espèces monoïques (organes femelles et mâles séparés mais présents sur un même pied) ou hermaphrodites (une fleur contient les deux types d’organes) par des mécanismes génétiques (incompatibilité du pollen au niveau du plant), temporels (le pollen est relâché à un moment ou l’organe femelle du plant n’est pas réceptif), ou spatiaux (le pollen ne peut pas atteindre l’organe femelle).

Mais l’autogamie ou l’allogamie ne sont pas exclusifs, il s’agit d’un spectre où les espèces se situent. Par exemple une espèce peut être purement autogame car la structure de sa fleur fait que la fécondation a lieu avant l’ouverture de la fleur; une espèce peut être purement allogame à cause d’une incompatibilité génétique; une espèce peut être autogame mais s’hybrider à cause d’une pollinisation possible via des insectes; une espèce peut être allogame à cause d’une contrainte spatiale ou temporelle qui peut être artificiellement annulée par une intervention humaine.

Pour compliquer un peu les choses, certaines espèces comme le maïs sont sujettes dans certains cas à une dépression endogamique. Les mécanismes vus précédemment veillent à un brassage génétique nécessaire. Chez certaines plantes (comme chez les humains), lorsque la population n’est pas assez grande, il se produit un « goulot génétique » qui amène à un affaiblissement de la variété. Pour ces espèces, il faut cultiver et sauvegarder les graines d’un grand nombre de plants. Conserver les graines du meilleur pied de maïs ou du plus bel épis, comme il pourrait être fait assez intuitivement, serait en réalité catastrophique et signifierait la perte de la variété.

Enfin, le vecteur de pollinisation est aussi un facteur très important pour la recherche d’une pureté variétale. Les espèces se divisent principalement en deux gros groupes, les entomophiles étant pollinisés par les insectes (principalement les abeilles domestiques, mais également par les abeilles solitaires, bourdons, mouches, etc), et les anémophiles par le vent. Certaines espèce possèdent plusieurs vecteurs de pollinisation.

Conséquences sur les techniques de préservation d’une variété

Les différentes techniques s’adaptent donc aux caractéristiques de l’espèce considérée. Par exemple si les plants d’une variété peuvent  s’autoféconder, mais s’hybrider avec d’autres variétés via les insectes, une cage protégeant cette variété sera nécessaire. S’il ne peut pas y avoir d’autofécondation, alors il faut introduire des pollinisateurs ou utiliser une autre technique.

Le tableau suivant fait le lien entre les caractéristiques biologiques d’un légume, les techniques classiques possibles de conservation variétales, et les conséquences pour un aménagement en permaculture. On peut observer que la panoplie du jardinier-semencier est assez réduite et contraignante, notamment quand il s’agit de variétés allogames ou anémophiles, et que des voisins sont susceptibles de cultiver les mêmes légumes.

Les différentes techniques classiques pour assurer la pureté des semences et reproduire la variété, les caractères biologiques associés, et les conséquences pour une conception en permaculture. Légende : ∞ = la technique peut être répliquée pour le nombre voulu de variétés; ✓ = Technique indépendante du voisinage; X= technique incompatible avec une variété différente présente dans un voisinage incontrôlable
Technique Caractéristiques nécessaires Caractéristiques discriminantes Nb var Vois. Conséquences sur la conception
Encagement de la variété Autogamie; allogamie Anémophilie; dépression endogamique Mini-monoculture de plus de 6 plantes, les cages protègent les plantes des animaux et insectes
Encagement des autres variétés Allogamie Anémophilie x Mini-monocultures de toutes les variétés, alternance des cages tous les jours, les cages protègent les plantes des animaux et insectes (mais toutes ne sont pas protégées en même temps)
Protection fleurs et pollinisation manuelle Allogamie  ∞ Nécessite de l’attention pour repérer le moment d’ouverture des fleurs ou de faire en fonction de l’emploi du temps des pollinisateurs (espèces entomophiles)
Isolation 1 Vérifier les productions alentours, attention aux plants sauvages (ex: carotte sauvage) !
Encagement de la variété et introduction de pollinisateurs Allogamie, entomophilie Anémophilie  ∞ Compliquée. Nécessite l’introduction d’une ruche tous les matins, ou d’une ruche permanente pour une serre. Plus facile avec les espèces pollinisées par les mouches (on introduit un bout de viande colonisé par des larves)
Aucune intervention Autogamie  Allogamie Possibilité de cultiver un grand nombre de variétés

 

Sortir du cadre

Les stratégies de conservation classiques sont très performantes, mais elles arrivent assez tard dans la conception d’un « plan de sauvetage » des variétés. Dans le tableau précédent on a vu quelles sont les conséquences de ces techniques sur l’organisation du potager et de la maintenance. Voyons maintenant comment concevoir un système pour faire le moins appel à ces techniques.

Axes de stratégie
Axe de stratégies
Influer sur le mode de reproduction a, b
Éviter les hybridations de l’extérieur  f, g, h
Éviter les hybridations de l’intérieur c, e, f, g, h, i
Réduire le recours aux techniques classiques c, d, e, g, h, i, j

a— Remplacer une espèce annuelle/bisannuelle par un équivalent vivace ou à multiplication végétative

Une stratégie élégante mais assez limitée en terme de possibilités. Les légumes vivaces pouvant remplacer (ou compléter) des légumes annuels équivalent se trouvent surtout parmi les brassicacées et les alliacées, ce qui tombe plutôt bien car ce sont des familles d’espèces difficiles à sauver (nécessitant la technique de cages alternées).

Équivalents vivaces à certaines espèces annuelles. Attention cette correspondance demande plus de recherches, certaines équivalences n’étant que partielles, ponctuelles, ou sur certains usages.
Espèces (bis)annuelles Équivalents vivaces ou à multiplication végétative
Oignons (Allium cepa) Oignon patate (A. cepa var. aggregatum), Oignon rocambole (A. cepa var. proliferum)
Broccoli (B. oleracea) Nine Star Broccoli (B. oleracea)
Poireau (Allium ampeloprasum var. porrum) Ail éléphant (A. ampeloprasum var. ampeloprasum)
Concombre (Cucumis sativus) Arbre aux cloches d’argent (halesia carolina)
Choux (B. oleracea) Western Front Kale (B. napus), Chou marin  (Crambe maritima),  Chou Daubenton (B. oleracea)

b— Faire pousser les légumes comme les vivaces qu’ils sont

Certains légumes que nous considérons comme annuels sont en fait des espèces vivaces gélives. Pour ces espèces, on peut tenter de déterrer certains plans pour leur faire passer l’hiver hors gel près d’une source de lumière. Par exemple certaines espèces de poivrons peuvent être sauvées d’une année sur l’autre.

c— Supprimer les organes reproducteurs de certaines variétés

Stratégie surtout intéressante pour certaines bisannuelles comme les brassica. Il suffit de prévenir la floraison, ce qui permet toujours de manger la plante, pour pouvoir faire pousser plusieurs variétés mais n’en sauvegarder qu’une seule. La stratégie fonctionne bien avec la #j. Cette stratégie peut se faire pour le maïs en enlevant les organes mâle (pannicules), mais se pose toujours le problèmes du pollen provenant des champs alentours

d— Planter des variétés dont on pourra reconnaitre l’hybridation

C’est une des stratégies les plus prometteuses, mais qui reste à développer. Plutôt que de se soucier d’éviter une hybridation intérieure ou extérieure, on fait en sorte de pouvoir reconnaitre qu’il y a eu une hybridation, pour supprimer les plantes hybridées.  Cette stratégie est renforcée par la stratégie #h (organisation de l’espace) et une version souple de la stratégie #g (organisation du temps), et convient particulièrement bien aux espèces autogames mais ayant une certaine allogamie (aubergines, poivrons), puisque ces variétés se pollinisent principalement, mais peuvent être hybridées à l’occasion.

e— Planter des espèces différentes mais qui donnent un légume à peu près similaire

Plutôt que de planter plusieurs variétés, on peut planter plusieurs espèces de la même famille, qui donnent des fruits à peu près similaires. Par exemple le chou sibérien (Brassica napus) ne se croise pas avec les choux classiques (B. oleracea). Un autre exemple est le poivron doux (Capsicum annuum), qui peut être doublé de variétés « douces » de C. baccatum, C.  frutescens et  C. pubescens.

f— Planter des espèces peu connues

Une variante de la stratégie précédente, plus orientée vers des hybridations potentielles extérieures, la rareté simulant l’isolation. En ne plantant qu’une variété (#i), le travail de conservation de variété est minimal.

g— Isoler la floraison d’une variété dans le temps

Cette stratégie fonctionne pour certaines espèces, dont il faut connaitre la période de floraison. Il s’agit de jouer sur la date de semi ou la précocité des variétés (temps entre le semi et la floraison). Cette stratégie marche pour le maïs et les tournesols (d’autant plus intéressant qu’on peut à peu près prévoir les plantations agricoles alentours). Peut aussi marcher pour faire pousser deux variétés de fèves en différenciant plantation d’automne et de printemps. La stratégie #b peut aussi avancée la période de floraison et donc éviter des hybridations.

h— Organiser l’espace pour éviter au mieux une hybridation

Cette stratégie peut se résumer à l’isolation du pauvre. Il s’agit d’organiser la culture spatiale des légumes suivant leur type de pollinisation, pour maximiser la pollinisation intra-espèces et minimiser les pollinisations inter-espèces. Pour cela, il suffit d’organiser les variétés des espèces entomophiles en petits groupes, séparés par d’autres espèces. Les abeilles iront de plantes en plantes de la même variété, puis sur une autre espèce, puis rentreront à la ruche avant d’explorer les autres variétés. On peut également sauver les graines des plantes qui sont à l’intérieur d’un bloc, et non sur les côtés. On peut aussi se servir de brises vent pour les variétés anémophiles. Cette stratégie complète bien la stratégie #d.

i— Planter une seule variété

Si la variabilité d’une espèce n’offre pas assez d’intérêt, ne faire pousser qu’une seule variété peut avoir des avantages. Si l’espèce n’est pas cultivée aux alentours, la sauvegarde des graines est très facilitée. Même sans cela, cette stratégie facilite la plupart des autres.

j— Sauvegarder une seule variété

Cette stratégie ne permet pas de sortir des techniques de sauvegardes classiques, mais permet de réduire le travail. Il s’agit de faire pousser X variétés mais de n’en sauver qu’une seule. Chaque année on refait pousser les X variétés mais celle qui est sauvée change à chaque fois. Cette stratégie dépend de la période de viabilité des graines (au moins X-1 années), et de leur condition de stockage.

Perspectives

Le cadre étant posé, il reste un énorme travail à effectuer pour pouvoir utiliser ces techniques dans le potager. Parmi ces recherches :

  • Trouver les caractères discriminants permettant de reconnaitre facilement les hybrides, si possible l’année même (comme les grains blancs ou jaunes des variétés de maïs blancs), à défaut lors de la première génération;
  • Trouver des espèces différentes donnant des fruits ressemblant aux fruits désirés (par exemple trouver des variétés de poivrons douces dans les autres espèces que celle du poivron doux Capsicum annuum)
  • Connaître les dates et les périodes de floraison pour les différents légumes et variétés, pour pouvoir éviter une pollinisation croisée
  • Dresser une liste des espèces dont le voisinage poserait éventuellement un problème insoluble : c’est à dire la liste des espèces allogames ne pouvant être pollinisées à la main (et donc nécessitant la technique d’encagement alterné) et qui sont susceptibles de produire des graines dans le voisinage (certains légumes qui pourraient poser problèmes sont généralement mangés avant de produire des graines par des jardiniers qui achètent leurs plans ou semences et ne font pas leurs graines).
  • Quelles espèces se prêtent bien à l’hivernage en intérieur et dans quelles conditions
  • Dresser une liste des techniques compatibles pour chaque légume
  • On peut rêver, étudier le déplacement des abeilles pour savoir comment placer au mieux les variétés et les ruches les unes par rapport aux autres, ou le nombre de plants à faire pousser ensemble …
  • Plus généralement, essayer de changer de paradigme en se tournant vers des espèces vivaces (par exemple utiliser le feuillage de la scorsonère comme laitue en début de saison …)

Livres utilisés dans le cadre de cet article

Ces livres sont chaudement recommandés pour qui voudrait préserver ses semences (Seed to seed) ou comprendre comment les choses se passent, sortir du cadre, et pourquoi pas créer une variété qui correspond à ses goûts, techniques culturales ou s’intégrant dans une polyculture maison (Breed your own vegetables).

  • Seed to Seed: Seed Saving and Growing Techniques for Vegetable Gardeners. De Suzanne Ashworth et Kent Whealy.  Achat en ligne
  • Breed Your Own Vegetable Varieties: The Gardener’s & Farmer’s Guide to Plant Breeding & Seed Saving. De Carol Deppe. Site de l’auteurAchat en ligne

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Conditions de température et d’humidité pour la conservation des légumes

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Notre maison est un peu particulière, et cela n’est pas sans poser problèmes pour la conservation de tout ce que nous voulons faire pousser.

L’habitation se compose d’une seule grande pièce avec mezzanine, et de la salle de bains. Nous avons en plus deux grandes caves, dont un mur est formé par la roche affleurante suintante d’humidité.

Nous avons donc pour l’instant un lieu chaud et sec (~18-21°C), un lieu ponctuellement chaud et très humide, et des caves humides et froides. Il nous manque un lieu frais et sec, ce qui est problématique pour stocker certains produits (les semences par exemple). Pour y voir plus clair, j’ai reproduit un classement des fruits et légumes selon leurs caractéristiques de stockage, tiré du livre Root Cellaring: Natural Cold Storage of Fruits and Vegetables, de Mike Bubel.

Conditions Légumes Fruits
Froid et très humide

  • Température : 0-5°C
  • Humidité relative : 90-95%
  • Carottes
  • Betteraves
  • Panais
  • Rutabagas
  • Navets
  • Céleris
  • Choux chinois
  • Céleris rave
  • Salsifis
  • Scorsonères
  • Radis d’hiver
  • Choux raves
  • Poireaux
  • Choux fourragers
  • Brocolis (peu longtemps)
  • Choux de Bruxelles (peu longtemps)
  • Daikons
  • Topinambours
Froid et humide

  • Température : 0-5°C
  • Humidité relative : 80-90%
  • Pommes de terre
  • Choux paumés
  • Choux-fleurs (peu longtemps)
  • Endives
  • Pommes
  • Raisins (5°C)
  • Poires
  • Coings
Frais et humide

  • Température : 5-10°C
  • Humidité relative : 85-90%
  • Concombres
  • Poivrons doux (7-13°C)
  • Melons
  • Pastèques
  • Aubergines (10-16°C)
  • Tomates mûres
Frais et sec

  • Température : 0-10°C
  • Humidité relative : 60-70%
  • Ail (se garde mieux autour de 50% d’humidité relative)
  • Oignons
Tiède et sec

  • Température : 10-16°C
  • Humidité relative : 60-70%
  • Piments séchés
  • Courges
  • Citrouilles
  • Patates douces
  • Tomates non mûres (jusqu’à 20°C)

A la vue de ce tableau, je pense qu’il est nécessaire de :

  • mesurer plus précisément le taux d’humidité et la température des caves
  • trouver des méthodes de conservation complémentaires et compatibles à nos conditions (séchage, mise en bocaux, en terre …)
  • commencer à penser à la construction d’un lieu frais et sec

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